Petit tour d'horizon et dégustations des vins issus du terroir catalan. Découvrez régulièrement de nouveaux vins, des conseils pratiques de dégustation accompagnés d'idées d'accords mets et vins.

mercredi 23 novembre 2016

Édition Singapour : Les vignes de Bila-Haut 2014 de la Maison Chapoutier (Côtes du Roussillon Villages)

 

 

Chers lecteurs,

 

Fraîchement débarqué à Singapour, dans ladite ville du lion, mon tire-bouchon à la main, je reste à l’affût pour vous débusquer des vins plaisirs qui sauront ravir vos papilles l’instant d’un bon repas, tout en essayant, bien entendu, de ne pas trop alléger votre portemonnaie.

Autant vous dire que trouver un vin du Roussillon dans la cité-état n’est pas chose aisée. Et l’affaire se corse d’autant plus si on ne veut pas se ruiner ! En effet les taxes sur l’importation d’alcool étant ce qu’elles sont à Singapour, les prix ont la fâcheuse tendance à vite s’envoler, voire exploser. Malheureusement il faut se rendre à l’évidence et compter le double voire le triple du prix habituel pour pouvoir se procurer sa tisane en bouteille.

En mode expatrié et à l’occasion de l’écriture de cet article, j’ai décidé de ne pas déroger à mes habitudes et donc d’aller me procurer un Côtes du Roussillon. En partant à la rencontre des cavistes locaux, j’ai fait face à un problème qui s’est avéré récurent, trop récurent. L’appellation Côtes du Rhône qui est très populaire depuis des années à Singapour, possède sensiblement les mêmes assemblages que les Côtes du Roussillon (la Syrah et le Grenache noir), de ce fait la clientèle se détourne à tord de nos bons vieux CdR faisant ainsi le bonheur des exportateurs Rhônalpins et Rhônalpines. Finalement force de détermination et à l’usure des semelles de mes chaussures, j’ai enfin pu trouver mon Graal… Bien caché, dans le tout petit stand d’un supermarché local, dont le conditionnement me semblait quelque peu douteux. C’est donc en exclusivité cette semaine depuis la baie de Singapour, que je vous exhibe fièrement mon trophée, un Côtes du Roussillon Villages de la célébrissime Maison Chapoutier : Les vignes de Bila-Haut.

Tel un mirage sur la Marina Bay de Singapour, un petit bout du Roussillon, de LaTour-de-France exactement, s’impose au beau milieu de l’immensité des gratte-ciels.

Quelques mots sur le vigneron :

 

La Maison Chapoutier est une famille de vignerons, producteurs et négociants qui est présente parmi les plus prestigieuses appellations de la vallée du Rhône dès la fin du XIXe siècle. Ce fut lors l’acquisition de ses premières vignes en 1879 que Polydor Chapoutier commença à vinifier et à élever des vins parmi l’AOC de la vallée du Rhône. C’est finalement suite à la retraite de Max Chapoutier, qui dirigea l’entreprise jusqu’en 1977, que ses fils Marc et Michel prendront les rennes du vignoble.

Sous l’aile protectrice de Michel, la Maison Chapoutier n’a cessé d’étendre son influence notamment à l’international. Tel un véritable pionnier toujours à la recherche de nouvelles terres prometteuses, il a eu l’audacieux souhait de vouloir sublimer différents terroirs issus des quatre coins du globe dont il avait pu tomber amoureux au cours de ses nombreuses expéditions. Son œuvre a débuté dans la vallée du Rhône, de Condrieu à Saint-Joseph en passant par Châteauneuf-du-Pape, se prolongeant par un tour de France de l’Alsace au Roussillon, quittant ensuite la bonne vieille métropole pour le Portugal pour enfin terminer sa course au pays des kangourous, l’Australie.

 Avant-gardiste et soucieux de la qualité de ses produits, dès le courant des années 80 Michel a imposé la culture en biodynamie dans ses vignobles. Petite anecdote : depuis 1996 l’étiquette des bouteilles est aussi écrite en braille.

C’est dans la haute vallée de l’Agly plus précisément à Latour-de-France, terroir renommé pour la richesse et la variété de ses sols, que l’aventure de Michel a débuté dans le Roussillon avec le domaine de Bila-Haut, se traduisant par « Haute Villa ». Tombant passionnément amoureux de ces terres, il a acquis en juillet 2000 les 75 hectares de parcelles de l’ancien domaine du Roc de l’abeille. Toujours à la recherche des plus belles expressions de chaque terroir, ce n’était certainement pas le fruit du hasard s’il a décidé de s’aventurer sur les fougueuses et parfois capricieuses terres de Catalogne du nord. Car sur ces sols variés, on retrouve essentiellement des schistes noirs et bruns, du gneiss, et une alliance d’argile et de calcaire. Cette richesse géologique est propice à la confection de vins généreux, puissants et équilibrés à la fois, tout en préservant une minéralité et une fraîcheur prononcées.

 Le domaine de Bila-Haut fort de près de 75 hectares, se situe sur les anciennes terres du domaine du Roc de l’abeille à environ 150 mètres d’altitude dans la haute vallée de l’Agly.

Le domaine de Bila-Haut est le parfait exemple de l’expression de ce terroir typiquement recouvert par un sol aride et caillouteux régulièrement balayé par la Tramontane. Comme Michel le dit lui même, c’est un climat que l’homme a du faire sien pour sa propre survie, pour préserver ses cultures. L’idée de relever ce défi permanent que lance cette nature hostile ne pouvait que séduire l’audacieux pionnier qu’est Monsieur Chapoutier. De par l’expérience acquise au cours de ses différentes expéditions, il a réussi à dompter cette nature insoumise qui pouvait s’avérer parfois ingrate.

Les cépages rouges du Roussillon ont su trouver leur place, et sont désormais majoritaires au sein du vignoble. 35% de la vigne sont dédiés à la Syrah pour ses arômes animaux et épicés. 35% au Grenache pour sa fraîcheur et la tension qu’il apporte au vin. Et enfin 30% pour le Carignan, cultivé pour sa belle minéralité et ses tanins croquants. Familier dans le Roussillon, on y retrouve aussi quelques petites parcelles de Muscat à petits grains. L’âge des vignes est généralement d’une vingtaine d’années, excepté pour de vieux Grenaches de 70 ans qui sont issus d’un magnifique îlot au milieu de la garrigue et qui sont exclusivement vinifiés pour le sublime V.I.T. Visitare Interiore Terrae. (96 au guide Parker pour le millésime 2011)

 Le climat rude et les sols escarpés impliquent l’utilisation de méthodes traditionnelles comme par exemple les vendanges manuelles.

Le choix du vin : Les vignes de Bila-Haut 2014 de la Maison Chapoutier (Côtes du Roussillon Villages)

 

 
Les 14 % d’alcool accrochent bien à la paroi du verre, en témoigne la photo ci-dessus.

Visuellement, le vin se présente à nous avec une jolie robe d’un grenat à l’intensité modérée et aux nuances violines. La robe est brillante et limpide, dévoilant la qualité d’un produit propre et net, de bonne facture. Le jambage s’agrippe délicatement à la paroi du verre, dessinant presque une fresque de matière finement colorée.

Le nez dévoile un joli panier de fruits rouges et noirs très mûrs. Majoritairement fruité, il se caractérise par une bonne intensité. Le fruit est net et agréable, mélange de baies de cassis, de myrtilles et de framboises bien mûres, voire confites. En fond, plus épicées, de fines notes de garrigue, de romarin et de fines herbes légèrement poivrées se font ressentir. Enfin on perçoit une légère pointe d’évolution sur la finale, peut être due à une conservation un peu approximative.

En bouche, l’attaque est modérée, ni trop franche ni trop molle, elle s’avère juste et équilibrée. Les tanins sont soyeux et velours. Alors que le nez laissait présager un vin très fruité, en bouche il révèle avec vigueur de beaux arômes épicés. On y découvre notamment des notes de réglisse, de thym, et de poivre gris et noir. Équilibré et tendu, il s’avère être un vin d’une belle fraîcheur. On reste néanmoins légèrement sur notre faim
avec une longueur un peu modérée pour un Roussillon que l’on attendait un brin plus explosif.

Les vignes de Bila-Haut est un Côtes du Roussillon Villages est issu de l’assemblage de 40 % de Grenache noir, 40 % de Syrah et de 20 % de Carignan.

Pour conclure, les vignes de Bila-Haut est un excellent vin surtout si on juge par son excellent rapport qualité/prix à 7,85 euros la bouteille. Structuré, équilibré, avec des tanins très agréables le vin fera certainement l’unanimité auprès de vos convives l’instant d’un bon repas. Il a l’avantage d’être un vin flatteur, qui sait garder les traits et la typicité de son terroir. À servir entre 16 et 17°, il promet des accords mets-vins riches et variés avec par exemple un agneau rôti aux herbes de Provence, ou accompagnant de la cuisine asiatique grâce à son caractère légèrement épicé qui saura sublimer les saveurs aigres-douces d’un porc à l’impériale. Concernant la garde, le vin devrait facilement pouvoir se conserver entre 4 à 5 ans environ, dans des conditions optimales bien entendu.

En direct de Singapour, c’était Frédéric pour Melt&Co, un grand merci pour votre lecture. N’oubliez pas de partager nos articles.

mercredi 2 novembre 2016

L’impromptu 2015 du domaine de la Meunerie (IGP côtes catalanes blanc)

Chers lecteurs,

 

L’automne est maintenant bien installé, et nous avons décidé de profiter encore de ces quelques journées bien ensoleillées pour partir à la rencontre de vignerons et de domaines dont l’Histoire est le dénominateur commun. Il est toujours très instructif d’écouter quelques anecdotes historiques, de voir les différentes techniques de travail employées, ou encore tout simplement de partager avec les vignerons notre passion commune pour le monde viticole.

Cette semaine, c’est avec beaucoup d’engouement que BFox et moi sommes partis à la rencontre d’un vigneron engagé qui a fait le pari de préserver le patrimoine de son terroir tout en s’investissant dans le milieu viticole catalan. Direction le cœur des Aspres, dans la commune de Trouillas dans les Pyrénées-Orientales où Stéphane BATLLE nous a réservé un accueil chaleureux avec en prime une visite guidée des vignes du Domaine de la Meunerie.

Quelques mots sur le vigneron :


Stéphane, que j’avais pu rencontrer il y a quelques années lors de cours de dégustation, n’est pas issu du monde agricole mais fit l’acquisition de quelques vignes suite à un coup de cœur en 1998.
 
En effet, c’est par pur coup de cœur pour cette ancienne meunerie, délabrée et en ruine mais qui lui rappelait son grand-père et son enfance, que Stéphane commençât par acquérir sa toute première parcelle de 2 hectares en 1998. À cette époque, nous étions bien loin de ce que peut être l’actuel domaine et l’intégralité des récoltes était vinifiée pour la cave coopérative de Passa, une commune voisine.

Aujourd’hui la meunerie a été entièrement rénovée des propres mains de Stéphane, et l’exploitation s’est vue complètement reconstituée. S’étendant désormais sur près de 17 hectares, elle a été, au fil du temps, agrémentée de jeunes et d’anciennes parcelles qui sont traversées sur quelques hectares par une veine d’argile rouge. Celle-ci faisant la fierté même du vigneron et procurant des vins d’une belle minéralité et d’une grande finesse.
Sur la commune de Trouillas non loin d’un pic du Canigou fumant, se trouve le petit (de 17 hectares) domaine de la Meunerie.

Désirant toujours œuvrer pour l’environnement et la qualité de ses produits, Stéphane s’est naturellement dirigé vers une agriculture saine et raisonnée où l’observation est la base de son travail. À ce propos et toujours dans cette optique qualitative, il était évident pour le domaine de se limiter à une production relativement faible, avoisinant les 30 hectolitres par hectare, qui procure ainsi richesse et concentration aux raisins. Au final pour cette année, c’est seulement 17000 cols qui sont attendus. Rigoureux et respectueux des traditions, une partie de la récolte de l’exploitation est encore vendangée manuellement en caissettes.

Les cépages qui font le charme et la richesse des Côtes du Roussillon sont au rendez-vous sur ce terroir majoritairement argilo-calcaire, on y trouve les traditionnels Grenaches, Syrah, Mourvèdre et Macabeu, ainsi qu’une vieille vigne centenaire de Carignan. Ne faisant pas les choses au hasard, et toujours dans un contexte de recherche de son terroir, le domaine abrite volontiers en son sein quelques cépages moins familiers dans le Roussillon avec par exemple du Chardonnay ou encore de la Roussanne.
Le Grenache gris emblématique des blancs du Roussillon, une belle petite grappe persiste au beau milieu des vignes du domaine de la Meunerie. (Encore une très belle photo par BFox, talentueux photographe de Melt&Co)

Pendant pas moins de 5 années, Stéphane s’est attelé à rénover, à la force de ses bras, cette bâtisse de famille abandonnée qui lui tenait tant à cœur : l’ancienne meunerie. Cet ancien moulin du XIe – XIIe siècle a désormais été adapté pour devenir le chai du domaine. Les meules encore intactes et frappées du sceau des templiers, attestent de ce désir et de cette conviction à vouloir préserver les traces du passé, et à respecter l’ancienne activité de ces lieux qui est la fabrication de la farine.
L’ancienne meunerie offre de nombreuses anecdotes et vestiges du passé. À gauche, les crapaudines qui servaient de pivot pour la meule. À droite, on remarque le sceau des templiers qui repose sur les meules toujours bien conservées.

Le choix du vin : L’Impromptu 2015 du domaine de la Meunerie (IGP côtes catalanes)

 Sous un beau soleil d’été d’automne, dégustation de l’Impromptu en compagnie du chaleureux Stéphane BATLLE.

Côté visuel, le vin dévoile une belle robe or vert avec des nuances argentées. Dans le verre, l’Impromptu est net et propre, et impressionne par sa limpidité et sa brillance, gage d’une qualité sanitaire irréprochable. Le jambage est assez prononcé, et de fines larmes s’accrochent avec volupté le long de la paroi du verre.
Le nez est explosif, et très intense. On y découvre avec plaisir un concentré aromatique détonnant. Au rendez-vous de belles notes d’ananas frais, d’agrumes et de fleurs blanches. Pourvu d’une belle fraîcheur, le nez dévoile également une pointe très légèrement anisée ainsi qu’un soupçon de minéralité, sensation crayeuse.
En bouche, l’attaque est très franche. Le vin, loin d’être docile, est très vif, fougueux et réveille nos papilles grâce à la fraîcheur de ses notes d’agrumes, de pamplemousse et de zeste de citron vert. Il dévoile toute la vivacité d’un Chardonnay récolté à maturité précoce, ce qui offre beaucoup de tension en bouche. On retrouve également des notes sur l’exotique avec le fruit de la passion (maracuja) ou encore l’ananas frais. Contrairement à l’attaque, la finale s’avère caractérisée par cette délicate rondeur et onctuosité que procure généralement les beaux Grenaches gris du Roussillon. L’Impromptu est d’une belle longueur aromatique en bouche.

L’Impromptu est un blanc vif et fougueux, fruit d’un assemblage atypique dans le Roussillon avec 70 % de Chardonnay et 30 % Grenache gris.

Pour conclure, l’Impromptu est un blanc original, atypique, avec un profil très intéressant dans le Roussillon. Très caractérisé par son Chardonnay récolté précocement, il offre la vivacité et la fraîcheur dont raffolent les amateurs de vins blancs tendus. D’un autre côté, son Grenache gris saura ravir également les personnes appréciant les vins équilibrés et structurés. Alliant ces deux profils dans une seule cuvée, l’Impromptu joue habilement avec nos papilles. À 11,50€ il s’avère être un vin à découvrir et à ne manquer sous aucun prétexte. Servi frais entre 10 et 12°, il accompagnera idéalement un plateau de sashimis, des brochettes de St Jacques, du homard ou encore un crottin de Chavignol.

En direct de Singapour, c’était Frédéric, en association avec BFox, nous tenions à remercier Stéphane pour son invitation quelques jours avant ma nouvelle aventure. N’hésitez pas à nous suivre et à partager cet article.

jeudi 20 octobre 2016

Le Signum 2013 du Château Nadal Hainaut (Côtes du Roussillon)

Chers amis internautes,

Ce lundi 17 octobre, les rédacteurs de Melt&Co ont eu le privilège d’être reçus au Château Nadal Hainaut par Jean-Marie Nadal et sa famille. C’est une invitation qui me tenait personnellement à cœur, car le domaine me captive et me subjugue à chacune de mes visites. Entre découverte du passé de mes aïeux et nostalgie, l’ancien prieuré abrite en son sein une part de ma propre fresque familiale. En effet des années durant mes grands-parents ont vécu et travaillé dans l’enceinte même du vignoble, et cerise sur le gâteau, ma chère et tendre mère a vu le jour il y a cela 58 printemps au beau milieu de ses champs. J’ai eu également à mon tour cette chance de pouvoir y travailler pendant près d’un an, ce qui m’a offert l’opportunité de cotoyer de près un vigneron artisan et passionné qui m’a transmis un peu de son savoir-faire, mais aussi de rencontrer une famille de gens bien, soucieuse de l’environnement, et du respect des traditions dans la création de vins de qualité.
Sans tarder, et pourvu d’un sac rempli de croissants, nous nous sommes rendus au domaine où l’équipe s’affairait déjà dépuis l’aube au pressurage du prochain Signum. Direction le Château Nadal Hainaut à Le Soler, proche de la départementale 37, non loin de la ville de Thuir où se trouvent les célèbres caves de Byrhh.
Dès notre arrivée nous avons pu assister au minutieux pressurage manuel des grains de raisins qui serviront à la confection des 1500 bouteilles du confidentiel Signum. On retrouve la complicité et le partage des connaissances entre Jean-Marie et sa fille Julie (à gauche de la photo) ils sont épaulés par Thierry (à droite), employé du domaine.

Quelques mots sur le vigneron :

Jean-Marie Nadal s’est laissé prendre au jeu et a eu la gentillesse de répondre aux questions des rédacteurs de Melt&Co.
Le prieuré Santa Maria de l’Eule a été bâti par les moines cisterciens au XIIe siècle, plus exactement en 1170. Au fil des siècles, il a vu s’installer plusieurs communautés de moines et de religieuses qui y pratiquaient déjà la culture abondante et profitable de la vigne. Au lendemain de la révolution française, suite à l’acquisition du site par l’arrière arrière grand-père de Jean-Marie, Jean-Denis Hainaut, sera fondé le domaine familial qui demeure aujourd’hui quasi inchangé, et qui perdure encore. Ici le terme « familial » ne pouvant pas être pris à la légère puisque pas moins de 7 générations ont foulé ses terres (en comptabilisant les nouveaux arrivants) et y ont véhiculé leur savoir-faire ancestral.
Idéalement situé sur les sols caillouteux de la vallée de la Têt, les vignes sont bercées par un panorama exceptionnel, déssiné par la Tramontane, un ensoleillement important et le Canigou.
Le domaine s’étend sur près de 125 hectares dont environ 53 sont attribués à la culture biologique de la vigne. En agriculture bio depuis 2010 puis certifié en 2013, il est quand même nécessaire de mentionner que le vignoble a toujours été soucieux du respect de ses sols et de l’environnement, puisqu’il a choisi de produire ses vins en suivant des règles basées sur l’observation, et a rapidement obtenu en 2003 les labels TerraVitis et Ecocert. La géologie du site, majoritairement composée de sols argilo-calcaire et de graves, offre le potentiel d’obtenir des vins concentrés, riches et équilibrés à la fois.
Les cépages récurrents dans le Roussillon y vont bon train, on y retrouve naturellement du Muscat, de la Syrah, du Grenache, mais aussi une exceptionnelle vigne de Carignan centenaire âgée de 116 ans, plantée symboliquement en 1900 pour célébrer l’union de Théreze Hainaut et de François Nadal. Mais on y croise également des cépages un peu moins emblématiques de notre région avec par exemple du Cabernet-Sauvignon,  du Merlot et enfin une parcelle de Chardonnay (qui avait donner des millésimes 100% Chardonnay à faire pâlir la Bourgogne). Enfin désirant garder des vins à la richesse et à la qualité tannique, le rendement à l’hectare n’y dépasse jamais les 35 hectolitres.
Fruit de la préservation de l’histoire du domaine : Les vignes de Carignan, parfois décriées par le passé, ont su résister à l’arrachage. Aujourd’hui âgées de 116 ans, elles continuent à avoir de beaux de rendements, et sont employées uniquement à la confection du Carignan 1900 – la centenaire; un vin soyeux et régulier.
Oeuvrant depuis déjà plus de 15 ans dans le développement œnotouristique, le domaine s’emploie à la restauration et à la rénovation des nombreux bâtiments qui jonchent l’ancien prieuré. Avec par exemple la bâtisse Ste Eulalie qui, récemment rénovée et dont les 300 m² de superficie servaient autrefois de bergerie, est aujourd’hui une pièce maîtresse du vignoble et accueille tous les week-ends de l’année, des mariages, des conventions ou encore des séminaires.
Fort de son succès dans le tourisme viticole et toujours dans un but d’entretenir et de préserver son patrimoine, Jean-Marie s’est lancé également depuis 3 ans dans la création d’un gite situé en plein cœur du domaine et s’est vu octroyer 4 épis au label gîtes de France grâce à ses belles prestations.
Dans un futur proche, il a aussi pour projet de restaurer l’ancienne chapelle cistercienne qui, toujours intacte, avait été obstruée suite à la construction des anciennes cuves bétons dâtant de l’époque de son arrière arrière grand père et qui s’avérent désormais inadéquates à la production actuelle.
Depuis plus de 15 ans, à l’image de la bâtisse Ste Eulalie ou plus récemment avec ses gites, le domaine a su développé son œnotourisme avec brio.

Le choix du vin : Le Signum 2013 du Château Nadal Hainaut (Côtes du Roussillon)

Le Signum 2013 est riche aromatiquement et très concentré, c’est pour cette raison que nous avons décidé de l’associer à un agneau de 7 heures, made by BFox.
Visuellement, le vin se présente vêtu d’une belle robe grenat à la couleur très intense. On dénote une bonne limpidité avec de beaux reflets lumineux sur le disque. Le fond du verre n’étant que peu visible, on comprend naturellement qu’on a affaire à ce type de vins qu’affectionnent les amateurs de vins généreux et tanniques. Le jambage, loin d’être un grand timide, s’accroche sans pudeur à la paroi du verre, justifiant les 14,5° du vin.
Le nez est très ouvert, et offre une intensité détonante. Les arômes sont explosifs, à la hauteur des espérances que nous avions lors de la phase visuelle, et reflètent toujours un vin au profil riche et charnu. Il nous dévoile un fort potentiel fruité avec des notes gourmandes de mûres et de cerises noires confites. Très épicé, on retrouve des notes de thym, de poivre gris ainsi qu’un soupson de clou de girofle. Enfin sur la finale, on reconnaît les notes agréables mais puissantes des Syrah catalanes qui donnent cette typicité très réglissée accompagnée de fines notes de violette.
En bouche, l’attaque est très franche mais se fait avec beaucoup de rondeur, sans aggressivité et se fond directement au contact du palais. Sa composition riche en éthanol et glycérol apporte gras et onctuosité, équilibrant ainsi avec justesse les arômes très puissants de ce vin. Le fruit est charnu, intense et prometteur. On retrouve des notes concentrées de mûres et de cassis, accompagnées d’un fond d’épices de réglisse et de thym, ainsi qu’un élevage tout en finesse offrant une touche légèrement vanillée. Le vin dévoile enfin tout son potentiel avec une longueur exceptionnelle. Et c’est peu dire, cet élixir de fruits noirs surprendra par sa persistance et sa longueur en bouche.
Le Signum, dont l’étiquette représente la signature des moines cisterciens, est un vin riche produit de l’assemblage de 80 % de Syrah et de 20 % de Grenache noir et à la macération longue. (30 jours)
Pour conclure, on attendait beaucoup de la toute dernière cuvée confidentielle du Château Nadal Hainaut (environ 1500 bouteilles par millésime), et le pari a été tenu. Le Signum 2013 reflète ce que sait faire de mieux Jean-Marie Nadal, c’est à dire des vins généreux et puissants qui savent garder un certain équilibre (et un équilibre certain) tout en évitant l’excès. Malgré sonprofil de vin riche et très concentré, le Signum grâce à l’habileté de son créateur demeure équilibré avec justesse, ni lourd ni saturé. Du fait de sa complexité et de son fruit net, il se positionne à juste titre en tant que vin de garde, avec un potentiel d’une bonne dizaine d’années. À partir de 20 € l’unité, le prix se justifie aussi bien par la qualité du vin que par le travail méticuleux employé à sa confection. À servir entre 16 et 17°, nous avons décidé de l’accompagner d’un agneau de 7 heures délicatement préparé par BFox, mais il ravira aussi bien vos papilles sur des galtes de porc au banyuls, ou autour d’un gibier.
Un grand merci à Jean-Marie, Martine, Pauline, Marie-Luce, à la pétillante Julie ainsi qu’à toute l’équipe du domaine pour leur gentillesse et pour cet accueil agréable et instructif.
Pour retrouver les prestations du domaine, et commander ses vins c’est par ici. Sinon, ils seront heureux de vous accueillir du lundi au samedi directement au domaine.
C’était Frédéric en association avec BFox pour Melt&Co, vous êtes toujours de plus en plus nombreux à nous lire, un grand merci à vous ! Continuez de liker et partager.

vendredi 7 octobre 2016

L’Excellence 2007 du mas Bécha (Côtes du Roussillon)

Chers amis internautes,

C’est à Ponteilla-Nyls dans les Pyrénées Orientales, que BFox et moi sommes allés à la rencontre de Charles Pérez du Mas BECHA. Décontracté, souriant et hospitalier, Charles a eu la gentillesse de nous accueillir dans son domaine entre deux décuvages (ici il s’agît de l’action qui consiste à retirer le vin de la cuve pour le séparer du marc).  La surprise était d’envergure pour les épicuriens que nous sommes, puisque non content de nous gâter avec ses excellents vins, Charles, en bon hôte, a également égayé nos papilles avec pléthores des charcuteries locales de l’excellent charcutier Thibaut Gonzales.

Charles est un vigneron passionné par l’histoire et aime partager avec ses convives quelques anecdotes sur son domaine.

Quelques mots sur le vigneron :

Le Mas BECHA est un domaine viticole situé à quelques kilomètres de la frontière espagnole et dont les vignes se trouvent sur leterroir classé des Aspres entre la chaîne des Pyrénées et la mer Méditerranée. Fort d’une surface totale de 110 hectares dont 25 sont destinés à la vigne en agriculture biologique (certifiée depuis 2011), le reste des terres se composent de vergers, d’arbres fruitiers et d’amandiers. Plantées sur 3 petites collines de 100 mètres d’altitude, les vignes du domaine s’imposent fièrement dans la petite commune de Nyls.
Entre amandiers et garrigue, les vignes du Mas BECHA se situent dans la plaine solaire du Roussillon.
Le domaine possède un historique riche et varié, et est niché sur des terres agricoles qui étaient cultivées dès l’époque romaine, aux alentours du Ier, IIe siècle de notre ère. S’en suivit des passations de famille en famille dès l’époque des templiers. Aujourd’hui le domaine est avant tout familial puisqu’avant que Charles en prenne les rênes en 2008, c’était son père qui s’occupait du vignoble acquis en 1997, et qui lui avait transmis sa passion de la vigne.

Une affaire de famille: les étiquettes illustrent un membre de la famille, et sont renouvelées chaque année par un artiste différent.
Le domaine récolte en général un peu avant les autres, on y retrouve en majorité de la Syrah et du Grenache qui sont des cépages assez précoces, à récolter tôt. Au contraire, le Mourvèdre s’y fait relativement rare et le Carignan y est inexistant. Cette précocité offre une Syrah riche et expressive à la fois, elle qui peut parfois être si intense et qu’il faut apprendre à apprivoiser, à maîtriser.
Et c’est justement là que l’ingéniosité de Charles intervient, entre préfermentation à froid et extraction maîtrisée, il augmente le facteur qualité de ses vins qui s’en retrouvent intenses et savoureux à la fois.
Terroir à dominante Syrah, le rendement est relativement faible : entre 20-25 hectolitres par hectare.
Au fil des années, le domaine a su devenir de plus en plus dynamique et à développer avec brio sa partie œnotouristique, avec par exemple ses sentiers pédestres le long du vignoble, avec la mise en place de cours de cuisine, ou encore avec sesnombreuses festivités à l’image de la soirée primeurs organisée le 14 octobre prochain.
Amoureux et passionné d’histoire, il y a 2 ans Charles s’est également lancé avec succès dans la restauration du caveau du domaine, dont la bâtisse date du Xe siècle. Désormais, il a pour projet d’accroître les diverses cultures fruitières du domaine et ainsi d’organiser des cueillettes conviviales, ambiance familiale garantie.
Les sentiers pédestres : une idée astucieuse et pratique pour découvrir le domaine.

Le choix du vin : L’Excellence 2007 du Mas BECHA (Côtes du Roussillon)

Visuellement, le vin se présente avec une robe brillante d’un rubis profond, on retrouve des nuances brunies, signe d’un vin qui n’est pas jeune et qui a évolué. On y retrouve un jambage très important, dont l’éthanol laisse de nombreuses traces sur les parois du verre, particularité régulièrement présente chez les vins généreux de Charles. L’extrême intensité de la robe (le fond du verre n’est plus visible lorsque nous regardons par en haut) démontre, sans conteste, le potentiel polyphénolique des sols argilo-calcaire qu’offre ce terroir choyé par le soleil.
Le nez est giboyeux presque cuir et présente une évolution harmonieuse. On y retrouve des notes garrigues, de thym, et de romarin. Le fruit y est profondomniprésent avec des notes de fruits cuits, la mûre et la figue noire, mais également un trait de tapenade d’olives noires.
En bouche, l’attaque est très franche, presque légèrement brulante. Explosion de fruits confits, cuits au chaudron, on y retrouve de nouveau la mûre, mais aussi la fraise confite. D’une grande complexité,  le vin est expressif et s’accompagne d’une agréable présence épicée, mais aussi de tanins denses qui apportent ampleur et profondeur au palais. Enfin on retrouve de fines notes cacaotées, et réglissées sur la finale. Sa longueur aromatique est impressionnante.
Signature du Mas BECHA, encore un vin généreux et puissant avec pas moins de 16% d’alcool.
Pour conclure, l’Excellence du Mas BECHA est un vin complexe qui a fière allureMajoritairement Syrah, on y retrouve la grande richesse que procure ce cépage lorsque celui-ci tend à bien évoluer au fil des années. Comme à son habitude, Charles n’a pas hésité à produire un vin qui est à l’image de ses engagements… C’est à dire puissant et chaleureux. En définitive l’Excellence, dont le fruit est omniprésent et riche, s’avère être un vin profond et surprenant par son volume. À servir entre 16 et 18°, il accompagnera idéalement un civet de sanglier mariné, un burger de bison au bleu ou tout type de gibiers.
À travers cet article, nous tenions à remercier Charles et sa super équipe pour l’accueil qui nous a été réservé au domaine.
C’était Frédéric et BFox, merci pour votre lecture, n’oubliez pas de nous suivre et partager.

vendredi 30 septembre 2016

Le Mas Cristine rouge 2014 du Mas Cristine (Côtes du Roussillon)

Chers amis internautes,

Cette semaine, retour sur l’un des domaines phares du Roussillon. Le Mas Cristine est un domaine très dynamique, en constante évolution, et dont les vins à la fois bien ficelés et accessibles, savent garder une certaine identité territoriale. Ayant développé depuis quelques années son commerce à l’international, le domaine exporte désormais ses vins à travers les Etats-Unis, et le Canada. Direction la radieuse côte Vermeille, plus précisément à Argeles sur mer non loin de Collioure et Banyuls sur mer pour retrouver l’historique Mas Cristine.

Quelques mots sur le vigneron :

Ce qu’il faut savoir, c’est qu’avant leur reprise en 2006 par Philippe Gard (de la Coume del Mas) les vignes du Mas Cristine étaient en fermage au château de Jau. Un fermage c’est en quelques sortes un bail rural dans lequel le propriétaire confie à une personne (ici un vigneron) le soin de cultiver ses terres. Cela avait donné lieu à l’époque à des cuvées exceptionnelles, notamment avec un mémorable ambré 2005, faisant encore le bonheur de certains !
Le terroir du Mas Cristine est essentiellement constitué d’un mélange de schistes, de quartz et d’argile rouge. Celui ci dispose de vignes aux cépages traditionnels comme le Grenache et le Muscat, mais également de Syrah, Roussanne, et MarsanneLe rendement y est relativement faible, et il n’excède jamais les 25 hectolitres à l’hectare.
Se situant à près 250 mètres d’altitude sur le terroir de schistes des Albères qui surplombe la mer, on y retrouve une nature généreuse mais qui peut s’avérer parfois capricieuse.

Aujourd’hui les vignes du Mas Cristine ont été reprises par l’association des vignerons de Tramontane Wines composée de Julien Grill, du sympathique Andy Cook et enfin de Philippe Gard; auteur des délicieux Quadratur et Folio. Ce partnership regroupe parmi les plus prestigieux domaines de l’appellation Collioure – Banyuls, on y retrouve bien entendu : la Coume del Mas, Terrimbo, Consolation, le Mas Cristine et depuis peu Vial Magnères. Partageant ainsi le savoir-faire et l’habileté de plusieurs producteurs de haut rang, le Mas Cristine se hisse donc sans conteste parmi les grands du Roussillon.

Le choix du vin : Le Mas Cristine rouge 2014 (Côtes du Roussillon)

Le Mas Cristine nous livre une cuvée éponyme, fier assemblage de Grenache noir, de Syrah et d’un soupçon de Carignan. 

Côté visuel, le vin se présente joliment vêtu d’une robe burlat brillante et aux nuances violines. D’une intensité tanique assezmodérée, le fond du verre demeure visible. Le jambage quant à lui, dévoile une belle matière, légèrement colorée. Parfaitementlimpide et propre, on imagine rapidement un vin assez passe-partout, et de bonne facture.
Le nez est intensément frais et fruité. On retrouve les notes classiques d’un Côtes du Roussillon avec de beaux fruits rouges et noirs confits. La fraise confiturée, ainsi que la chair de cerise sont annoncées présentes. Légèrement minéral; sur le iodé, le nez est finfrais et d’un bel équilibre.
En bouche, l’attaque est assez franche et d’une intensité puissante. Les tanins sont amples et soyeux à la fois, et se présentent à nous courtoisement. On retrouve de belles notes fruitées, majoritairement la cerise bigarreau et le cassis confits. Un élevage très discret se fait ressentir avec de fines notes vanillées. Enfin pourvu d’une belle longueur en bouche, très légèrement épicée, le vin nous dévoile tout le potentiel de son caractère.
On retrouve 14° d’alcool, presque une habitude pour un Côtes du Roussillon.

Pour conclure, le Mas Cristine rouge 2014 est un vin agréable et savoureux. Il reflète l’expression de son terroir catalan qui composé de schistes, lui donne une sensation de fraîcheur et de minéralité. Assez bon marché à 11,70 € la bouteille, il est à ouvrir dans sa prime jeunesse, pour ma part je n’hésiterai pas un instant à le servir à environ 16° dans un repas entre amis accompagné d’une assiette de chartuteries, de fromages ou encore de belles cotes d’agneaux grillées.
C’était Frédéric, merci pour votre lecture, n’oubliez pas de nous suivre et partager.